Exemple d’étude de marché pour créer son entreprise : méthode et analyse pas à pas
Avant de déposer ses statuts, de chercher des financements ou même de commander ses premiers flyers, tout créateur d’entreprise sérieux doit passer par une étape qu’il ne peut pas esquiver : l’étude de marché. Pourtant, face à un document qui peut sembler complexe, beaucoup de porteurs de projet avancent à tâtons. Certains s’en passent complètement.

On vous propose ici un exemple concret d’étude de marché réalisée pas à pas. L’objectif : comprendre sa structure, maîtriser la méthode et adapter l’approche à votre propre projet.
Pourquoi une étude de marché est un vrai outil de décision
L’étude de marché n’est pas une formalité administrative. C’est un outil de décision qui vous permet de répondre à trois questions avant d’investir du temps et de l’argent.
Y a-t-il un marché réel pour mon produit ou service ? Qui sont mes futurs clients, et qu’attendent-ils concrètement ? Qui sont mes concurrents, et comment me différencier d’eux ?
Une étude bien menée réduit le risque d’échec en phase de lancement. Elle nourrit aussi votre business plan et rassure les banques ou les investisseurs. Pour les projets qui nécessitent des données terrain fiables, il est possible de faire appel à un cabinet spécialisé comme SAD Marketing, qui accompagne les porteurs de projet dans la conception et la réalisation de leurs études de marché.
Le cas fictif : Laura veut ouvrir un studio de yoga à Lyon
Pour illustrer la méthode, prenons un exemple. Laura, 34 ans, souhaite ouvrir un studio de yoga à Lyon, dans le 7e arrondissement. Elle a suivi une formation de professeure et veut se lancer à son compte. Avant de signer un bail, elle décide de mener une étude de marché sérieuse.
Étape 1 : qualifier et quantifier la demande
La première partie de l’étude consiste à comprendre qui sont vos futurs clients, et combien ils sont.
Laura identifie sa cible principale : femmes de 25 à 45 ans, urbaines, actives, sensibles au bien-être. Elle diffuse un questionnaire en ligne auprès de 80 personnes dans son entourage et via des groupes Facebook locaux. Les résultats sont parlants : 67 % pratiquent ou ont déjà pratiqué le yoga, et 54 % seraient prêts à payer entre 15 et 20 euros par cours.
Ce qu’il faut collecter à cette étape, c’est la taille de la cible (démographie, géolocalisation), la fréquence d’achat ou d’utilisation, les critères de choix comme le prix, la localisation ou les horaires, et les freins éventuels à l’adoption. Beaucoup de créateurs survolent cette partie. C’est une erreur : sans données sur la demande, vous construisez votre offre à l’aveugle.

Étape 2 : cartographier l’offre existante
Une fois la demande clarifiée, il faut regarder qui est déjà en place.
Laura recense 11 studios de yoga dans un rayon de 5 km. Elle en visite trois en cliente mystère et compare les offres : tarifs, ambiance, types de yoga proposés, abonnements, communication digitale.
Ce qu’elle découvre est intéressant. La plupart sont positionnés sur le hatha classique. Peu proposent des cours en soirée après 19h30. Et aucun ne cible explicitement les débutants anxieux, ceux qui n’osent pas pousser la porte d’un studio parce qu’ils se sentent « pas assez souples » ou « pas dans le moule ».
Ce dernier point devient un axe de différenciation pour son projet. On reviendra dessus dans la synthèse.
Étape 3 : analyser l’environnement (PESTEL simplifié)
L’analyse de l’environnement consiste à repérer les facteurs externes qui peuvent influencer votre marché, en positif comme en négatif.
| Facteur | Observation |
|---|---|
| Économique | Légère baisse du pouvoir d’achat, surveiller la sensibilité au prix |
| Social | Fort engouement pour le bien-être et la santé mentale post-Covid |
| Technologique | Essor des cours en ligne, risque de substitution mais aussi opportunité d’offre hybride |
| Réglementaire | Statut auto-entrepreneur ou SASU à choisir selon le CA prévisionnel |
Ce tableau peut sembler scolaire, mais il force à sortir la tête du guidon. Laura avait sous-estimé la concurrence des plateformes en ligne, par exemple. L’exercice lui a permis de l’intégrer dans son offre plutôt que de la subir.
Étape 4 : se positionner dans la dynamique de marché globale
Avant de valider un projet, il est utile de vérifier que le marché va dans le bon sens.
Laura consulte le rapport de la Fédération Française de Yoga : +12 % de pratiquants en 5 ans. Elle regarde l’étude Xerfi sur les studios de bien-être, qui confirme que le segment est en croissance dans les grandes agglomérations. Elle croise avec des données INSEE sur le pouvoir d’achat dans les quartiers ciblés de Lyon.

Cette macro-analyse confirme que le marché est porteur et que le timing est bon. Ce n’est pas une garantie de succès, mais c’est un signal positif.
Synthèse et positionnement : ce que l’étude permet de construire
À l’issue de ces quatre analyses, Laura est en mesure de poser un positionnement clair :
- Cible : femmes 25-45 ans, débutantes ou en reprise, qui cherchent un cadre bienveillant et des horaires flexibles
- Offre distinctive : cours spécial débutants anxieux, créneaux en soirée et week-end, abonnement sans engagement
- Prix : 16 euros le cours unitaire, abonnement 10 cours à 130 euros (inférieur à la moyenne locale)
- Message : « Le yoga, sans prise de tête »
Ce positionnement, issu directement de l’étude, lui permet de rédiger un business plan cohérent et convaincant. Sans cette étape, elle aurait probablement ouvert « un studio de yoga de plus », sans angle différenciant.
Ce qu’il faut retenir
Mener une étude de marché avant de créer son entreprise, c’est un investissement. Pas une contrainte. Elle vous évite de construire une offre à côté des attentes réelles du marché, de sous-estimer la concurrence ou de cibler le mauvais segment.
L’exemple de Laura l’illustre bien : en suivant une méthode structurée (analyse de la demande, de l’offre, de l’environnement et du marché global), elle arrive à un positionnement précis, différenciant et fondé sur des données concrètes. C’est exactement ce dont vous avez besoin pour convaincre vos financeurs et mettre toutes les chances de votre côté dès le premier jour.
Et si vous bloquez sur la méthodologie ou la collecte de données terrain, mieux vaut se faire accompagner que de bâcler cette étape.
